Les différents formats vidéos


  Le Home cinéma connaît, ces dernières années, des évolutions incroyables dans les formats sonores : Dolby Prologic, Dolby Digital, DTS, et maintenant THX surround EX, DTS ES, Neo, 6.1, etc. Mais s'il existe bien quelque chose qui connaît la même pluralité tout en étant beaucoup plus stable, ce sont bien les formats vidéos! 1.33:1, 1.77:1, 2.35:1, on se croirait retombé dans nos exercices d'algèbre du cours moyen deuxième année! C'est pour cela que l'équipe de The DVD Experience vous propose un petit cours de rattrapage.
Avant de commencer, sachez qu'il est crucial de bien faire la différence entre format d'écran, format cinéma et format vidéo.

Les format d'écran

  Au début de l'ère du tube cathodique régnait le 4/3 qui, en fait désigne le rapport de la largeur et de la hauteur du diffuseur. Un petit exemple simple: largeur/hauteur = 4/3 = 1.33. La largeur de l'écran vaut 1.33 fois sa hauteur. Un diffuseur au format "4/3" de hauteur 36.05 cm aura donc une l argeur de 36.05 x 1.33 = 47.95 (et si vous vous rappelez du fameux théorème de Pythagore, vous verrez que ce sont les dimensions d'un écran de 60 cm de diagonale).
On dira donc que ce diffuseur a un format 1.33:1 où la largeur fait 1.33 unités quand la hauteur en fait une. Sur ce même principe, on retrouve le format d'écran 16/9 : 16/9 = 177. C'est donc le format 1.77:1. Ainsi, une image 4/3 diffusée en 1.33:1 remplira tout votre écran 4/3 et une image 16/9 en 1.77:1 remplira tout votre écran 16/9.

Les format d'image au cinéma

  Maintenant, il faut savoir que l'on trouve plusieurs formats d'images dus, et c'est compréhensible, aux différentes pellicules utilisées et aux exigences des metteurs en scènes lors des tournages:
  • la télévision utilise une image au format 1.33:1 depuis sa création, c'est aussi le format de l'écran.
  • il existe un format 1.66:1 assez peu répandu. Il vient de l'utilisation de pellicule de 16 mm lors des tournages. Les 101 dalmatiens par exemple, ou plus récemment the Wishmaster2, ont utilisé ce format.
  • Le format le plus répandu au cinéma est le 1.85:1 qui s'est généralisé avec l'utilisation de l'incontournable pellicule 35 mm.
  • Enfin, le dernier est le 2.35:1 ou cinémascope. C'est celui que l'on trouve dans les productions à grand spectacle car il offre le plus grand champs de vision.
    Tous ces formats correspondent au format originale de l'image. Lorsque le format de l'image est identique au cinéma et sur le DVD, on parle alors d'image au format respecté.


  • Les format vidéo

      Les diffuseurs de nos home cinéma ont eux, un format bien précis : 1.33:1(4/3) ou 1.77:1 (16/9). Mais comment sont rendus les autres formats ? Et bien en fait tout dépend du format vidéo. Le format vidéo est le format sur lequel est enregistré l'image originale. Ce format peut être 4/3 ou 16/9 anamorphique.

    Comment s'adaptent tous ces formats?

      Les format vidéo 4/3 rajouteront des bandes noires en haut et en bas de l'image quand celle-ci est dans un autre format que du 1.33:1. Plus le format est grand (le maximum étant le 2.35:1), plus les bandes sont épaisses, ceci pour garder toute l'image dans l 'écran. Etant donné que l'on ajoute des bandes noires, on perd en définition car l'image utile n'est plus codée sur l'ensemble des lignes mais que sur une petite partie. On appelle cette méthode le "letterbox".
    Les 16/9 sont les diffuseurs les mieux adaptés au DVD. En effet, le format le plus courant étant le 1.85:1 (format cinéma) codé sur un format vidéo 16/9 anamorphique, on aura pratiquement aucune perte d'image. Pourquoi? car l'image utile est codée sur toutes les lignes mais l'image est "écrasée" horizontalement. C'est le diffuseur 16/9 qui va se charger de restaurer la forme de l'image en l'étirant. Par contre pour les formats 2.35:1 on aura deux bandes noires qui permettront d'avoir le format respecté mais avec une meilleure définition vu que ces dernières prennent une place moins importante.
    Mais rassurez vous, le DVD sait s'adapter au diffuseur 4/3, et le lecteur propose deux alternatives pour diffuser un film codé en anamorphique. Soit en letterbox (comme vu précédemment mais on perd encore en définition), soit en pan & scan. Le pan & scan va faire un zoom de façon à ce que l'image fasse toute la hauteur de l'écran. Mais de cette façon, une partie de l'image cinéma originalle va être perdue (notamment la partie qui se trouve sur les côtés). Ce système va scanner l'image zoomée de façon à avoir l'action principale dans l'écran. Avantage du système: on a plus de barscopes. Désavantages du système: une partie très importante de l'image est perdue ce qui a pour conséquences de ne pas respecter les exigences du metteur en scène (on n'est plus au format respecté) et de louper quelques seconde importance du film (imaginez un duel au pistolet avec un personnage de chaque coté de l'image originale; avec le pan & scan, ça devient un duel de fantômes!)

    La définition finale de l'image

      Tout ceci nous amène à nous intéresser aux point crucial de tous ces formats, la définition finale de l'image sur votre diffuseur. Une image de format cinéma 2.35:1 est entière sur les deux types de diffuseur mais n'occupe pas la même surface d'écran dans les deux cas.
    Plus cette surface est grande, plus la définition de l'image est meilleure (en effet, l'image utile est codée sur plus de lignes du diffuseur): prenons par exemple, un format vidéo anamorphique sur un écran 16/9, l'image utile occupe 75.3 % (1.77/2.35 x 100) de la surface de l'écran. Inversement, pour un format vidéo 4/3, l'image utile occupe 56.6% ( 1.33/2.35 x 100 ) de la surface de l'écran. Bilan, on se sert de 43% des lignes du diffuseur pour coder ces malheureuses barscopes!








      On tire donc la leçon de ces compatibilités d'images : il faut choisir le format de son diffuseur en fonction de l'utilisation qu'on en a. En home cinéma, il n'y a pas d'hésitation à avoir pour passer au 16/9! La majeure partie des titres en DVD sont au formats vidéo 16/9 anamorphique et seuls un diffuseur 16/9 saura rendre hommage au support.
    Inversement, sur un diffuseur 4/3, l'image sera aussi au format respectée (sauf pan&scan), mais sera obligatoirement moins défini car l'image doit être retravaillée pour rentrer dans ce format. Bref, un belle image pour un home cinéphile doit être certes, de bonne qualité mais aussi remplir le plus possible l'écran en minimisant le plus possible les pertes! On rappellera donc qu'on observe deux types de perte d'image :
  • celle due à l'adaptation format ecran/format video. C'est celle ci que l'on a discutée ici.
  • celle due au format cinema utilisée lors du tournage par rapport au 2.35:1 qui est le plus grand. On ne peut rien faire contre cette dernière, seuls les éditeurs sont aptes à retrouver les masters 2.35:1 fidèles au film.
    Vous comprendrez alors pourquoi beaucoup de sites d'amateurs de home cinéma prônent le 16/9 anamorphique comme support pour le format vidéo.